Lundi 6 avril 2009

Après une réflexion approfondie sur l'état de notre pays et le sens à donner à  mon engagement, j'ai décidé de me présenter à l'élection présidentielle qui aura lieu en 2009.

 

Lorsque j'ai pris l'initiative de créer un parti politique dénommé le FRONT UNI DES REPUBLICAINS CONGOLAIS (le FURC) le 30 avril 1994 à Rouen en France, la participation aux diverses compétitions électorales a toujours fait partie de nos stratégies pour l'accès au pouvoir.

 

Pour mes compagnons et moi-même, ce pouvoir n'est pas considéré comme une fin en soi, mais comme un levier en vue du changement  de la société.

 

Nous ne pouvons justifier notre action dans l'opposition depuis 1994 que par notre désaccord avec la façon d'accéder au pouvoir et avec les méthodes de gouvernement pratiquées par les différents tenants des rênes de l'Etat. Pour autant nous ne pouvons demeurer dans cette posture de dénonciation de manière pérenne. Notre objectif est d'accéder aux affaires aux fins de mettre en oeuvre notre projet de société. Nous voulons  contribuer à la construction au Congo d'une démocratie apaisée faisant de l'alternance une pratique normale qui n'effarouche aucun groupe politique.

 

Mon projet de société pour le Congo est touffu et dynamique, ici nous allons  vous en donner les axes principaux.

 

Si le peuple Congolais lui accorde sa préférence nous procéderons par les mesures législatives et règlementaires à des changements importants.

 

 

LA REFORME INSTITUTIONNELLE

 

Nous rassemblerons toutes les forces vives de notre pays autour de l'élaboration  d'une nouvelle constitution.

Cette norme fondamentale ramènera la durée du mandat présidentiel de sept à  cinq ans comme la Conférence Nationale l'avait prescrit, mandat renouvelable une seule fois.

Je m'appliquerai cette réforme dans l'hypothèse où je suis élu en 2009.

Nous restituerons au parlement ses prérogatives de contrôle et de sanction de l'action gouvernementale. La désignation des juges des juridictions  constitutionnelles administratives et de la Haute Cour de Justice sera revue de façon méticuleuse.

Les Congolais de l'étranger exerceront leur droit de vote au même titre que leurs compatriotes vivant sur le territoire national. Ce déni de citoyenneté sera réparé.

Un Etat fort exerce ses missions régaliennes grâce à une fonction publique de qualité. Depuis les années quatre-vingt celle-ci se rétrécit comme peau de chagrin, affaiblissant l'administration.

Une refonte de l'Etat passe par la consolidation de la Fonction publique, à la fois le statut général des fonctionnaires, leur traitement et leur profil de recrutement et de formation.

L'innovation des équipements et des méthodes  de travail permettra  de rendre plus raisonnables les délais de production des actes administratifs.

 

 

   II. L'ECONOMIE

 

     II.1. L'AGRICULTURE ET L'ELEVAGE

      

Il s'agit de moderniser ces activités en les valorisant. En rendant plus attractif ce secteur d'activité, notre jeunesse, principale victime du chômage massif et urbain, y trouvera un statut social.        

L'Etat régulera la production des cultures vivrières aussi bien que les produits d'exploitation.

La mécanisation des moyens  et des techniques de production nécessite une rigoureuse intervention de l'Etat et des collectivités locales y compris un soutien au maintien d'un prix plancher des produits à la vente.

On encouragera la transformation locale de certaines denrées destinées au marché des  pays du Nord.

 

II.2. L'INDUSTRIE

 

La transition industrielle n'a à proprement parler jamais débuté dans notre pays.

A l’exception de l'industrie pétrolière, les autres sont résiduelles. L'acquisition des technologies  étant très coûteuse, nous allons privilégier dans un premier temps des  micros-projets dans l'agroalimentaire.

Le Code Général d'Investissement devra prévoir l'inscription du transfert des savoir-faire et d'ingénierie dans les contrats d'établissement passés entre les Investisseurs et le Gouvernement du Congo. Un accent sera mis sur la transparence des appels d'offres et l'impartialité des commissions d'attribution souvent influencées par le tribalisme et le népotisme.

L'Etat veillera à la lutte contre la pollution et la protection de l'environnement.

 

   II.3. LE TERTIAIRE

 

Aujourd'hui le secteur des services a atteint son essor dans les pays post-capitalistes.

Les transports, jusque-là caractérisés par des retards chroniques et la vétusté des maillages, imposent un renouvellement d'équipement et une modernisation des méthodes.

Il faudra redéfinir les politiques bancaires. L'idée principale est le soutien à la création d'entreprise.

Développer le micro-crédit et la prise en compte du secteur informel.

Eduquer les citoyens quant à l'utilité de l'assurance pour la protection des personnes et des biens.

 

 

   III – LA SANTE

 

La santé s'est beaucoup détériorée. Les médecins, mal rémunérés, privilégient leurs cabinets privés qui génèrent des entrées substantielles. Il faudra revaloriser les traitements des personnels médicaux, tout en modernisant les équipements, les locaux et en améliorant la qualité de l'accueil et des soins.

La pauvreté est un obstacle à l'accès aux soins. Le soutien de l'OMS, des ONG  sont des atouts qui seront judicieusement intégrés aux politiques publiques.

 

 

IV. L'EDUCATION

 

Là où l'école existe, elle manque de bâtiments, de tables-bancs, de personnels et de matériel scolaire.

L'école publique devra être restaurée. Le gouvernement doit contrôler les programmes dispensés dans les écoles privées et fournir des habilitations aux enseignants qui y exercent.

Mettre fin à la fraude généralisée et à la corruption pendant les périodes d'examen.

L'enseignement professionnel aura toute sa place à côté de l'enseignement général.

 

 

V. LA JUSTICE

 

La justice a souvent fait l'objet de manipulation et de forfaiture. Son indépendance doit être garantie.

Le pouvoir politique ne peut l'instrumentaliser dans le but de réprimer ses adversaires ou faire taire les contestations.

Le juge est le gardien des libertés publiques et doit constituer l'une des voies de recours à laquelle le citoyen peut recourir si ses droits sont lésés.

Les Droits de l'homme doivent être respectés pendant les procédures devant les tribunaux.

 

 

VII. LA DEFENSE NATIONALE

 

En 1990 l'armée a fait son mea-culpa pour s'être immiscée dans la politique. Les Forces Armées Congolaises doivent se tenir loin de la scène politique et observer une neutralité effective.

L'éducation à la citoyenneté doit être inscrite dans les programmes d'enseignement et de formation dans les cycles primaire, secondaire et supérieur tout comme dans les écoles militaires, de police, de gendarmerie et dans les casernes. L'arbitraire et les voies de fait devront être sanctionnés par les juges.

Pour accomplir sa mission de défense du pays contre les agressions étrangères l'armée doit être constamment modernisée et informée des orientations qui la concernent.

Elle est républicaine et ne peut servir les intérêts particuliers d'individus ou de groupes.

 

VIII. L'ASSISTANCE SOCIALE

 

Notre pays ne peut laisser sur le carreau les compatriotes en difficulté. Les personnes âgées, les handicapés, les enfants abandonnés, les victimes des conflits, les demandeurs d'emploi, tous doivent être soutenus par des politiques sociales appropriées.

Des agences nationales pour l'emploi seront créées et installées sur tout le territoire avec l'institut national de la statistique et de la population.

Elles devront permettre la mise en place de dispositifs spécialisés et adaptés à chaque situation.

 

   IX. L'ENVIRONNEMENT

 

L'environnement fait partie des Droits de l'Homme de la troisième génération après les droits civils et politiques, les droits économiques, sociaux et culturels.

Les forêts du Congo sont détruites, les eaux de la mer polluées par les déchets des industries pétrolières.

La chasse et le braconnage menacent des espèces animales dont certaines sont en voie de disparition. Une protection particulière sera organisée avec le dédoublement des gardes forestiers et des brigades maritimes.

  

   X – LA CULTURE, LA JEUNESSE ET LE SPORT

 

Développer la lecture, l'alphabétisation et la formation permanente.

Ouvrir les formations qualifiantes aux jeunes.

Eriger dans les chefs-lieux des départements des maisons de la culture.

Dans l'aménagement de l'espace urbain prévoir des espaces verts et des sites de loisirs notamment des stades ouverts à la pratique de tous les sports dont l'athlétisme et les autres sports de masse.

Les peintres, sculpteurs, danseurs, écrivains et musiciens devront être soutenus afin de jouer leur rôle d'ambassadeurs de notre mode de penser et de vivre.

 

XI L'ENJEU DE LA MEMOIRE

 

La tendance dans notre pays reste le regard honteux que nous portons sur les tragédies que nous faisons semblant d'ignorer. L'histoire gagne à être connue pour éviter de la répéter. Contre l'amnésie il faut ériger des lieux de mémoire. De nombreux compatriotes ont été assassinés, enfuis dans des fosses communes, dans les eaux du fleuve ou sont pourris dans les forêts. Ils ne peuvent passer par pertes et profit. Un mémorial où seront visibles les noms, prénoms et dans la mesure du possible les photos des victimes, des conflits épisodiques qui ont ensanglanté le Congo sera érigé et constituera un espace de pèlerinage et de méditation. Les milices doivent être bannies, les mercenaires et autres chiens de guerre, et la guerre elle-même mise hors-la-loi. Alors nous pourrons dire '' plus jamais ça''.

 

XII LA DIPLOMATIE

 

La coopération a été remplacée dès les années soixante par la néo colonisation dont Foccart fut le maître à penser. La souveraineté du Congo est inaliénable. Le Peuple Congolais a choisi la République et la démocratie. Nul ne peut lui imposer ses dirigeants qu'il a le privilège de choisir selon des intervalles fixés par la constitution. Il faut contrecarrer les velléités de certaines puissances à vouloir dominer les pays du Sud. La  Françafrique doit être anéantie afin de faire place à une coopération fondée sur le respect mutuel et les intérêts réciproques.

 

XIII – LES MOYENS

 

Notre pays est un champ de détournement de fonds et de corruption. Beaucoup d'argent, notamment les colossales recettes pétrolières, passe dans les circuits financiers parallèles. Il suffit de mettre bon ordre pour que les caisses du trésor public regorgent des moyens susceptibles de satisfaire les politiques publiques que nous avons définies.

 

Pour cela,

Il faut créer des Brigades Financières, renforcer l'Inspection des Finances et les Contributions Directes.

Recouvrer effectivement les taxes et les impôts, réduire le train de vie de l'Etat et développer les investissements productifs.

Par l'assainissement des finances publiques et la moralisation de la vie publique empêcher l'évaporation  d'importantes sommes d'argent public qui atterrissent dans les comptes privés ou les paradis fiscaux à l'étranger.

CONCLUSION

 

L'application de ce projet de société concrétisera l'Etat de droit dans notre pays.

Réduire les inégalités et les écarts de niveau de vie entre Congolais permettra de corriger les injustices par les mesures législatives et règlementaires. L'amélioration des conditions de vie des citoyens, de leur habitat, de leur pouvoir d'achat, de la qualité de l'air qu'ils respirent et de la liberté toujours plus grande, sont les desseins de ce projet que nous nous engageons à réaliser si nous réunissons sur notre modeste personne la majorité des suffrages exprimés par nos compatriotes en 2009. 

 

 

 

Brazzaville, le 16 Août 2008


Par furc-congo - Publié dans : PROJET DE SOCIETE DU FURC
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